19 septembre 2008
Dernier conseil.
Louis
arriva alors que, comme à l'accoutumée, son irrascible père jurait.
"Jarnicoton! Ce petit prince de merde, que j'ai élevé comme mon fils, cet infâme orphelin que j'ai eu la charité de prendre sous ma protection malgré toutes ces vipères qui prétendaient qu'il était un bâtard, ce qu'il est ne l'oublions pas, et qui allaient jusqu'à prétendre que sa défunte mère, la charmante madame de la Trémouille, paix à son âme, avait assassiné son époux, ce belâtre au vit restant plat, ce benêt à qui j'offre une épouse magnifique, n'a rien trouvé de mieux que de me trahir et de partir se réfugier dans une place forte de l'ennemi. Il va me le payer croyez-moi! Ils vont tous me le payer. Il faut apprendre à tout l'univers que le moment pour lequel le Roi Très Chrétien se prépare depuis tant d'années et avec tant de soins est enfin arrivé!"
Monsieur de Béthune, qui était présent, nota ces dernières paroles qu'il retenut comme historiques.
"Entrez mon fils! Venez assister au conseil le plus important de votre règne. Des décisions qui vont se prendre ici dépendra l'avenir du Royaume et de l'Europe. Avant tout chose, pour que vous compreniez bien, je vais laisser ce cher de la Force vous présenter la situation. C'est le grand dessein de ma vie, et celui de votre règne, alors veuillez bien tout saisir, monsieur mon fils!"
Louis resta silencieux tant il trouvait cette perspective fastidieuse. Ce qui le contrariait le plus était qu'il manquait une franche partie de rigolade avec Elbeuf et Hubert. Il se résigna. Il s'affala sur son siège pendant que Nompar de Caumont, plus habitué à l'écriture, tentait de regrouper ces idées. Le futur chef de l'armée de coalition se râcla une ultime fois la gorge.
"Sa Majesté, avec ses alliés, va entrer en guerre contre le Saint Empire Germanique pour la succession des Duchés de Clèves et de Juliers."
Monsieur de la Force était fort content de ce début qu'il estimait à la fois aguicheur et prometteur pour la suite.
Louis était loin de penser comme lui. Il s'ennuyait ferme. L'esprit ailleurs, il regardait par une fenêtre, monsieur d'Orléans, son petit frère adoré qui prenait l'air avec le sieur de Soliers qui devait lui raconter une histoire. Cette vision le revigora pour la journée et lui fit prendre son mal en patience.
...
08:11 Publié dans CAPE, CLEVES, EPEE, JULIERS, PAYS-BAS ESPAGNOLS, PERSONNAGES HISTORIQUES, SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


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