18 février 2009

Entre amis.

Après ce petit intermède, qui lui permit d'apprécier la situation, Hubert s'intéressa de plus près au "choeur" de l'événement.

La première personne qu'il vit, car c'était son ami, fut Charles. Il avait la mine réjouie du garçon heureux. Il était Duc d'Elbeuf et pair de France. Aussi pouvait-il prétendre à une place d'honneur dans les premiers rangs. Mais, amoureux, il réussit le tour de force de se glisser parmi la famille royale, au plus proche de sa douce Catherine-Henriette qu'il pouvait observer à loisir. La demi-soeur de Louis, fille de la "presque Reine", était une charmante fille de 14 ans dont le regard mutin laissait à penser qu'elle n'était pas indifférente aux oeillades charmeuses de Guise-Lorraine.

Intérieurement, Hubert se gronda d'avoir négligé son seigneur, son ami, son Roi: Louis! Il portait la fameuse tenue de cérémonie dont l'essayage avait permis à Elbeuf de rencontrer sa dulcinée. Elle lui allait à ravir. Il était juste grand, le digne fils de son père. Malgré tout, Hubert ne put s'empêcher de soupirer: Louis était entouré d'inconnus, ne parlant même pas sa langue.

"Pauvre petit Roi!" le plaignit-il.

Que dire d'Henry?

Le "Vert Galant" était comme à son habitude: il rayonnait de truculence. Hubert l'aimait pour ça depuis leur première rencontre. Mais, en ce jour particulier, la lumière de sa Majesté paraissait un peu terne. Il avait les traits tirés. Un nuage obscurcissait son visage. Il était inquiet. Tourmenté. Il allait partir en campagne et laissait le Royaume sans véritable rempart. Louis était trop jeune pour régner et il n'avait en Marie qu'une confiance toute relative. Il avait donc le sentiment qu'il trahissait la France en la laissant aux mains de Florentins et d'aventuriers. Pire, il soupçonnait ses ennemis de toujours, les Habsbourg, d'attendre son départ pour se jeter sur son pays et s'en repaître. En fait, ce qu'il redoutait le plus était l'influence néfaste qu'avaient la Galigaï et son Conchine sur la noblesse française. Il se devait de revenir vite et victorieux.

Pour Hubert, il était clair qu'aux yeux de Henry, ce couronnement était un préambule indispensable, une farce imposée par ses adversaires dans la lutte d'influence qu'il livrait aux Italiens. Il fallait qu'il soit vite expédié.

Hubert devint dès lors d'humeur chagrine.

Malgré cela, il poursuivit son tour d'horizon.

Après les amis, arriva le tour des autres, et ils étaient nombreux, de ceux dont le temps déterminerait s'ils étaient alliés ou ennemis.

Car une chose était sure: Hubert avait choisi son camp.

Celui de Louis.

Du Royaume de France.

... 

07 novembre 2008

Poésie.

Charles remercia Hubert d'une accolade et Concasse d'une poignée de pièces d'or. Les deux la lui rendirent, Hubert de très bonne grâce et avec la candeur d'un enfant et Concasse en prétextant qu'il n'avait fait que son devoir et que sa solde lui convenait. Monsieur de Guise-Lorraine fut conquis par ce geste de grande noblesse mais tint à défrayer les deux autres qui, n'étant que simples soldats, l'acceptèrent.

"Pardonnez ma discourtoisie mes chers amis mais Louis m'attend. Désires-tu m'accompagner Hubert?"

"Non, Charles. Je dois étudier. De plus mon maître d'armes doit venir me visiter. J'ai hâte de lui raconter mon combat. Passe mes amitiés à Son Altesse et renouvelle lui mon indéfectible respect et mon entier dévouement!"

"Je n'y manquerai pas!"

D'Elbeuf s'éloigna.

Pourtant il revint à leur logis très tôt. Hubert et Bagnols en furent surpris, eux qui n'avaient pas eu le temps d'étudier beaucoup.

"Et bien, mes amis, je suis céans de retour. J'ai rencontré Louis. Il était fort préoccupé de sa toilette pour le sacre de demain. Je l'ai donc abandonné aux prises avec le seigneur de Rhodes, grand maître des cérémonies et le Grand Chambellan, mon cousin Henri, le duc D'Aiguillon. Je serais bien venu à son aide mais j'avais l'esprit, et le coeur, remplis d'un bonheur plus intense. Je venais d'avoir une vision de paradis. Hubert! Je viens de rencontrer mon Saint-Amour!..."

Avec un soupir, il s'affala sur un fauteuil sans même quitter son manteau.

Hubert passa le reste de la journée à le presser de questions sur la créature qui avait emprisonné son coeur si promptement. A la demande de l'énamouré, il lui récita même des vers de Malherbe qu'il trouvait appropriés à l'humeur cavalière de son ami.

"Ses filles sont encor en leurs tendres années:

Et déjà leurs appas ont un charme si fort,

Que les rois les plus grand du Ponant et du Nord,

Brûlent d'impatience après leurs hyménées."

Bagnols pestait contre cette Mademoiselle de Vendôme, demi-soeur de Louis qui détournait son élève du droit chemin des études. 

Les amours du vert-galant lui auront décidément créé du soucis!

"Ah! Ces enfants, je vous jure!" pensa-t-il, mi-amusé, mi-irrité.

...     

01 novembre 2008

La balade de Chatouille.

Hubert adorait lire.

Grâce aux bons soins de Bagnols, il savait le faire en plusieurs langues.

Il possédait une bibliothèque à faire pâlir plus d'un érudit. Elle se composait d'ouvrages en anglais, en espagnol, en allemand, en latin, en italien ou en français, monsieur Bruneau estimant, en effet, que la connaissance n'avait pas de frontière et que se limiter aux oeuvres traduites dans sa langue natale relevait d'une certaine étroitesse d'esprit coupable, selon lui, de l'obscurantisme général dont souffraient les cours royales européennes.

Ainsi Hubert étudiait-il les sciences avec Galilée, Bayer, Errard, Perret, Fabrice ou Aldrovandi et la littérature avec Bacon, Montaigne, Malherbe, Spencer, Shakespeare, Lope de Vega, Quevedo, Gongora, Ramusio ou Johnson.

Mais, Hubert était avant tout un romantique et un rêveur. Il se délectait en parcourant les romans picaresques d'un Cervantes ou d'un Alemàn et voyageait à l'autre bout du monde grâce, notamment, aux récits de Pretty, Raleigh, Florio, Du Petit Val, Hakluyt, ou Champlain. Ces livres, bien que qualifiés de prosaïques et sans intérêt par monsieur Bruneau, ne quittaient que très rarement son chevet.

Depuis son plus jeune âge, dont il n'était pas si éloigné si on en croyait son précepteur, il enviait ces explorateurs de Nouvelle-France, ces découvreurs de terres que lui ne conquérait que par l'imagination. Il venait de terminer le volume intitulé "Histoire de la Nouvelle-France" de Marc Lescarbot. Il l'avait dévoré.

Aussi ne fut-il pas surpris devant le gigantisme de l'ours qui défilait enchaîné à la suite de son maître. La bête faisait partie d'un spectacle exécuté avec maestria par une troupe de gens de la balle. Ils n'étaient certes pas de Nouvelle-France mais la vision du plantigrade suffit à Hubert pour lâcher les rènes de son esprit rétif. Il le laissa cavaler par monts et par vaux, par delà l'océan vers ce continent nouveau et pourtant maintes fois parcouru en songe. Un pressentiment l'extirpa de son voyage solitaire. On lui volait sa bourse.

Le galopin qui osa la lui couper n'avait pas son âge. Il cramponnait une dague plus grande que son bras et était encouragé par un adolescent à peine plus vieux. Lorsque Hubert se retourna, ils prirent tous deux peur et s'enfuirent. D'Elbeuf remarqua le manège et se rua à leur poursuite, si vite que Concasse n'esquissa pas un geste. Quant à Bagnols, il était si absorbé par les prouesses des gens du pavé, qu'il ne broncha nullement. Seul Hubert, après une vaine tentative de retenir monsieur de Guise-Lorraine, lui emboîta le pas.

Il le rattrapa en mauvaise posture.

Les deux gamins des rues avait une famille, une très grande famille. Le garçon se débattait ainsi avec cinq hommes dépenaillés, édentés et dépourvus de foi et de loi. Leur seule richesse ils la tendaient bélliqueusement vers le pauvre D'Elbeuf plus habitué à danser le menuet qu'à ferrailler. Chatouille intervînt avec bonheur en mettant hors d'état de nuire un adversaire. Les autres tinrent bon. La situation aurait même pu tourner en la défaveur des jouvenceaux si Concasse et ses compères n'avaient mis en fuite les vassaux du Roi des fous, pourtant déchu et sans terre.

Chatouille dégoulinait du sang de son baptême. Elle avait fait pire que de tuer ce jour-là, puisqu'elle avait donné à goûter, à Hubert, un nouveau plaisir: celui du duel.

Hubert le contentera à de nombreuses reprises. Ce sera son seul vice.

Avec la fidélité peut-être!

...  

30 octobre 2008

Le mausolée des rois.

D'Elbeuf était confortablement affalé dans un fauteuil. A ses côtés, Hubert et Bagnols jouaient les privilégiés en reprenant pour la troisième fois de ces mignardises farcies, déposés à l'instant par un serviteur guindé sur un guéridon en bois précieux du siècle dernier.

"Heureusement que nous sommes arrivés ce matin sinon nous aurions dû partager nos couches ou, pire, dormir à l'auberge! Quelle aubaine de m'être souvenu de ce cousin éloigné et propriétaire de cet havre charmant!"

C'était devenu un jeu entre eux mais Hubert n'en était pas dupe. Il ne pouvait douter que Louis n'y était pour quelque chose dans ce hasard qui leur avait rendu disponible cette demeure, certes sans apparât, mais à un lancer de pierre, à peine, de la Basilique, juste avant que ne débarquât la cour. Le ban et l'arrière ban des courtisans s'étaient, en effet, déplacés à l'occasion, peut-être la dernière, du couronnement d'une Royne de France.

Le faux-bourg de Saint-Denis déborda soudain de gentilshommes portant épée, chaussures à talon rouge et papotant avec grâce et en toutes les langues. Car il en était ainsi de la cour de France: on y croisait autant de nobles françois parlant l'oc ou le français, qu'une foultitude d'Italiens, de Florence ou d'ailleurs, qu'une nuée d'ecclésiastiques de confession différente mais latinisant tous, plus que de raison, que de nombreux ambassadeurs et plénipotentiaires de toute l'Europe, chacun avec leur langage parfois agrémenté d'expressions françaises ou de gestes sans équivoque.

La population dionysienne décupla en quelques heures. Les établissements hôteliers refusaient du monde. Les filles de joie aussi. L'argent qui circula ces deux-jours aurait permis de lever une armée de campagne. Les thuriféraires de la Florentine n'étaient sans doute pas légion mais pour le moins bataillon. Toute gloire avait un prix. 

Hubert, D'Elbeuf et Bagnols firent exception, s'étant levés à l'aube. Ils ne furent aucunement ennuyés.

S'ils n'y logeaient céans et n'avaient trois cerbères de service à leur porte, la maison fut prise d'assaut par ces escadrilles de sans domicile sans-gêne qui polluaient la suite royale à chacun de ses déplacements. Ces gardes, dont le chef portait le nom frappant de Concasse, étaient le cadeau d'un ami: Louis ne les avait pas oubliés. D'ailleurs, le Dauphin le leur dit par ce présent et cette missive que, déjà, Hubert connaissait par coeur et que pourtant il relut, émerveillé.

"Messieurs mes amis, l'affaire qui accapare mon père et réjouit ma mère, m'oblige à vous délaisser, bien à contrecoeur. Si toutefois, la providence vous conduisait le 12 de ce mois à Saint-Denis, peut-être nous y croiserions-nous! Monsieur de Praslin m'a confié pour vous, trois de ses soldats jusqu'à la fin de cette affaire dont je parle. Ils vous remettront la présente. Louis."

Ce qu'ils prirent d'abord pour un fardeau, tant les dépenses en gîte et couvert qu'engendrait cette soldatesque étaient dispendieuses, se révéla très vite une bénédiction dans cet endroit qui n'était de tout repos que pour les souverains qui gisaient au côté du saint décapité. En effet, là où allait le cortège des grands du royaume, suivait cette autre cour qui n'avait de miraculeux que le nom.

Ainsi eut lieu, avant le sacre, une autre cérémonie religieuse d'importance: le baptême de Chatouille.

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29 octobre 2008

De la royauté.

henri IV (hervé).jpg"Messieurs, la mission de mon cher Praslin s'étant révélée infructueuse, dès à présent il faut nous préparer à la guerre puisque il semble que ce soit la seule issue honorable! L'Espagnol paiera puisque Dieu en a voulu ainsi! Mais avant, il faut me soumettre à une cérémonie qui m'éxècre mais dont je suis redevable: j'ai promis un sacre à ma Florentine. Elle l'aura." 

Un mouvement de stupeur et de protestation naquit. Le roi le tua dans l'oeuf:

"Louis, madame votre mère veut être reine, elle le sera par ma volonté. Pendant que je serai à la guerre, elle gouvernera. Tâchez de vous montrer digne de moi en la secondant du mieux que vous pourrez! La grandeur de la France m'impose une absence peut-être longue, et je n'ai pas le choix: jarnicoton, mon bon Béthune, cette idée de voir la petite-fille de Philippe II sur le trône de France ne m'enchante pas plus qu'à vous, mais avais-je d'autre choix?"

"Oui, votre Majesté, celui de refuser. Un de vos fidèles aurait pu régenter et conseiller monsieur votre fils durant votre campagne. Les Conchine en aurait eu pour leur compte!"

"Lorsque vous parlez de fidèles, Sully, vous désignez quelqu'un en particulier?"

"Non. Non. Votre Majesté, personne! Mais votre épouse n'a de cesse, depuis sa venue, de pactiser avec l'Espagnol. Vous ne pouvez ignorer cet état de fait. La sacrer reine la crédibilise aux yeux de tous et particulièrement de vos ennemis! Pourquoi ne pas attendre votre retour?"

"J'ai dit! Monsieur mon conseiller. Courrez de ce pas et sans désemparer ouvrir vos coffres que nous nous débarrassions au plus vite de cette mascarade sans intérêt. J'ai une guerre à entreprendre. Et à gagner. Messieurs je compte sur vous!"

Henry imposa définitivement sa stature. Il était un grand roy. Henry-le-Grand, comme bien avant lui Alexandre, avait un Destin à accomplir. La France renaissait, il devait asseoir son autorité, assujettir les autres puissances européennes et surtout astreindre les Habsbourg à accepter Sa vision du monde.

Par ce "Messieurs, je compte sur vous!", Henry IV scellait le sort de nombreuses nations qui paieraient leur arrogance.

Misère et désolation, après avoir mis la France à genoux, s'apprêtaient à étouffer l'Europe des mains décharnées de la mort. Certes, il ne sera pas facile d'être le fils de ce roi qui circonvint la Paix à un rôle subalterne, comme il ne sera pas facile d'être le père de l'Astre qui éclairera, moins d'un siècle plus tard, le monde de son éclat somptueux. Louis relèvera ce défi.

Hubert, qui pour le moment écoutait secrètement des paroles qui dépassaient son entendement et ses connaissances politiques, sera de ceux qui s'y emploieront. 

"Nous n'avons plus rien à faire ici, messieurs! Je pense que Louis ne nous rejoindra pas aujourd'hui. Il faut nous préparer pour Saint-Denis!"

"Pourquoi Saint-Denis, monsieur de Guise-Lorraine?"

"Pour le sacre, Bagnols. Pour le sacre. J'avoue que je ne le raterai pour rien au monde. Et puis, Hubert ne connaît, de la cour, que la partie la moins visible, lui reste à découvrir ses intrigues, ses jalousies et les mystères de ses arcanes. Ce jour-là sera un théâtre dans lequel de nombreuses questions trouveront une réponse. Dès que nous aurons eu vent de la date, je passerai vous prendre chez vous et nous cheminerons ensemble si toutefois de voyager en luxueux équipage et en noble compagnie ne vous incommode point trop, Bagnols!"

Il rit de son trait. Monsieur Bruneau fit mine de ne pas l'avoir entendu et gronda Hubert qui venait d'achever les derniers lambeaux de son bel habit en se fendant d'une flèche en quarte. La pointe de Chatouille perça, au demeurant, une tapisserie qui pendait là.

"En attendant je vous guide, on fait parfois, au Louvre, d'étranges rencontres qui n'ont pas toutes, loin s'en faut, le minois de l'amour saint!"

"Saint-Amour! Elle s'appelle Saint-Amour!" cria Hubert en jetant une carcasse de poulet à la figure hilare de son compagnon de jeu.

Bagnols se contenta d'un haussement de sourcils. Qu'il n'était pas facile d'être un précepteur d'enfants en cette année 1610.

...       

27 octobre 2008

De la blancheur du panache.

Hubert renfila ses chaussures. Il était en sueur. Ses vêtements, achetés pour l'occasion, à grand frais et au grand dam de Bagnols, le démangeaient. En se grattant, il constata les dégâts: la chemise portait des accrocs, les chausses étaient trouées, et la ceinture, qui n'était pas prévue pour porter d'autres lames que celles d'apparât, était irrémédiablement abîmée. Il ne voulut pas affronter de suite le courroux de son précepteur. Il reprit sa place dans la cheminée. Pour se donner une contenance, il défourailla Chatouille et fît quelques mouvements "hieronimiens".

"... La défection des Provinces-Unies est un embêtement, il faut bien l'avouer. Nous avons trop bien travaillé, ils croient en la trêve! Nous qui pensions qu'elle entraînerait la guerre! Nous tombons de haut. C'est ça de traiter avec des gueux! Enfin... Peut-être que l'Angleterre, qui les a aidées par le passé et qui, nous n'en doutons pas, fournira quelques troupes, les fera revenir sur le chemin de la justice: les Provinces-Unies doivent entrer en guerre et fondre sur les duchés bas-rhénans, c'est le moins qu'elles puissent faire! Elles nous sont redevables, jarnidieu!..."

Le caractère martial de La Force, qu'il avait mis à l'écart durant son exposé, ressurgît soudainement, sans crier gare! Ils furent tous ébahis. D'autant plus qu'il utilisa le juron que Henry se voyait interdire! Sa Majesté s'empressa de le calmer et le somma de cesser là son discours vilipendeur. Sa Majesté prit elle-même la suite de l'explication à son compte:

"Cette absence ne nous sera, finalement, point trop préjudiciable puisque Brandebourg a rallié, en décembre, l'Union Evangélique. Celle-ci, composée désormais des plus puissants princes protestants, dont le landgrave Maurice de Hesse, sera donc dans l'obligation d'entrer officiellement dans le conflit... Ils paieront tous pour leurs brocards! Elle aussi, la garce! Puisqu'elle ne veut pas la paix, elle aura la guerre! J'accomplirai mon Grand Dessein, c'est maintenant une certitude!"

La Force crût bon de reprendre la main.

"Oui, Sa Majesté souhaite une République Chrétienne. Nous la lui donnerons!"

"Merci La Force, mais vous allez quand même vite en besogne! N'oubliez pas qu'au sein même de la cour, des personnes importantes et proche de Sa Majesté, pactisent avec l'ennemi. Le sacre, que Sa Majesté vient d'accorder à l'Italienne, ce que je regrette amèrement, ne va certes pas arranger les choses, vous pouvez me croire!"

Ainsi parla monsieur de Sully, le seul dans le royaume à pouvoir ainsi clouer le bec à Henry le quatrième. Il avait cette familiarité pour quatre raisons toutes individuellement suffisantes: il était son conseiller, le meilleur; il était son ami, le seul; il n'aimait pas les Concini; et surtout, il avait les cordons de la bourse. Aussi, Henry s'accoisa, ce que voyant, Louis prît en grippe le sieur de Béthune. Il ne pouvait apprécier, sans médire sur les qualités de l'intéressé, un homme qui dépréciait son père au point d'ainsi le moucher! Il aurait son conseiller. Certainement pas le même. A chacun son fardeau! 

"Enfin, monsieur le Duc, vous n'y penser pas: 33.000 hommes, ce n'est pas une armée de pacotille tout de même! Gueldre est remplit des bruits des armes qu'on fourbit, des paysans qui remplissent les greniers, les frontières s'agitent. Je vais bientôt prendre le commandement d'une des plus grandes armées que notre monde moderne ait connu. Toute l'Europe est derrière nous pour enfin se débarrasser de cette guigne de Habsbourg. Et vous me parlez de sacre! Allons un peu de sérieux, monsieur de Béthune!"

"Et l'idée saugrenue, pour ne pas dire sotte, qu'a eu Sa Majesté de vouloir sortir ce fieffé bâtard d'Angoulême de la Bastille pour prendre la tête de la cavalerie. Qu'en dites-vous mon cher Duc?" s'énerva monsieur de Sully.

"Et alors quoi, monsieur de Sully? Maintenant que la Savoie est notre alliée face à l'Espagnol, quoi de plus naturel que de sortir Charles de Valois de l'offensante prison, dans laquelle Sa Majesté l'a, à contre coeur, jeté afin qu'il rachète sa faute de meilleure manière. Si Biron était encore en vie, il faudrait faire de même avec lui!"

A l'évocation de son vieil ami qui perdit la tête et le trahit, Henry s'irrita.

"La Force, je dois vous forcer à taire ce comportement de forcené que vous forcez. Seriez vous donc un forçat de l'irrespect?"

Angoulevent applaudit et cabriola de plus belle devant ce bon mot de son maître. Ce fut le seul.

Hubert se contenta de sourire car, lui, n'avait pas encore de maître!

Louis maugréait. Il n'écoutait déjà plus.

Celui-là avait toujours été mauvais élève!

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17 octobre 2008

Briser l'étau.

"Si vous ne cessez point, autant sortir, il fait très beau et, vous Hubert, prendre l'air frais ferait le plus grand bien à votre visage qui est cramoisi de s'être enflammé."

"Ne nous importunez pas, Bagnols. Nous arrivons pour écouter la suite!"

Hubert faillit répondre mais, il aimait trop son précepteur pour ne pas réfléchir avant d'ouvrir la bouche. Il ne désirait pas regretter ses paroles. Il se contenta de revenir calmement à sa place, dans la cheminée. Il resta silencieux, ses oreilles en direction du discours de La Force qui reprenait un intérêt, ses yeux vers son précepteur qui ne paraissait pas vraiment fâché et l'esprit dans les couloirs du Louvre à la recherche de son Saint-Amour. D'Elbeuf reprenait ses périgrinations gustatives tandis que monsieur Bruneau se joignait à lui en tâtant un fromage miraculeusement épargné du carnage et en humectant ses lèvres d'un excellent vin de Loire. En bas, le monologue se faisait douloureux, l'orateur commençant à ressentir les effets de la digestion et des lourdeurs d'estomac.

christian IV.jpg"La Grande Alliance désirée par Sa Majesté prenait forme. Elle avait derrière sa bannière les deux prételesdiguières.jpgndants réformés, depuis Dortmund. Elle avait obtenu un appui certain du Doge de la Sérénissime que Joyeuse venait de tirer d'un mauvais pas. Venise était donc prête à être l'épine dans le pied de la Papauté. Le sieur du Refuge, missionné par Sa Majesté auprès des cantons helvétiques, obtînt quelques promesses d'aide militaire de leur part. Cette aide se tournerait essentiellement vers le milanais dont le gouverneur espagnol, le Comte de Fuentes, a, semble-t-il des vues grandissantes sur les Trois Ligues, fières alliées des cantons. De même, pour des raisons que tout le monde s'accorde à dire politiques, et d'après les informations de l'Ambassadeur vénitien Antonio Foscarini, Christian IV, roi du Danemark serait prêt à rejoindre l'alliance protestante et à savoie.jpgfondre sur les territoires nords du Saint Empire qui lui sont frontaliers. Il est aussi le beau-frère de Brandebourg, ce qui serait la raison "non-politique" de son intervention. Récemment, il s'agit-là de la dernière bonne nouvelle en date, Bullion et Lesdiguières ont fait signé un traité à Charles-Emmanuel, Duc de Savoie. La chose ne fut pas aisée car depuis, le traité de Lyon, par lequel le Duc avait dû cesser toute vélléité de conquête vers l'ouest, la Savoie voyait la France d'un mauvais oeil..."

Un bruit venant de la porte l'interrompit. Louis poussa un soupir de soulagement: ce dernier passage avait été plus ardu et tout aussi difficile à digérer que cette poularde dont il rongeait encore l'os.

Comme s'il avait suivi le discours depuis le début, celui qui bondit à l'intérieur de la pièce énonça une phrase à l'emphase si prononcée qu'elle fît rire tout son public. Il intercalait entre chaque mot une acrobatie ridicule, qu'un enfant de dix ans, dont il avait la taille, aurait réussie de plus belle manière mais qui ajoutait à la bouffonnerie de la situation.

"Gentils messieurs, laissez-moi vous dire la vérité sur notre sire: triste il n'est point, puisqu'à l'heure du choix, au lieu de celui qui emprisonnait la cervelle de la naine noire, le sien se porta sur l'étau qui enserrait le Royaume!"

Tout était impertinence dans ce que venait de crier Nicolas Joubert. Tout était politique, d'une lucidité presque mystique et très fin dans ce que venait de déclamer cet Angoulevent. "Qu'il est drôle, cet oiseau là!" souffla Hubert à D'Elbeuf qui lui faisait face. 

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15 octobre 2008

Dessein et des seins.

"Depuis de nombreuses années, Sa Majesté s'était faite le premier défenseur des princes protestants allemands contre l'Empereur. Cette succession litigieuse des duchés bas-rhénans lui donnait l'opportunité inespérée d'aller beaucoup plus loin..."

Entendant ces mots, monsieur de Béthune s'arrêta de noter. Il leva les yeux en direction d'Henry qui s'acharnait gloutonnement sur un reste froid de pintade sans vraiment écouter La Force. Lui, et quelques autres dont le narrateur qui se garda bien d'en dire d'avantage, savait bien que la vraie raison, même si cette grande idée de la République Chrétienne, idée qui, au passage, se dit Sully, était de lui, était une réelle volonté de Sa Majesté, se trouvait dans l'amour. Henry était follement, le mot n'était pas trop fort, amoureux d'une jouvencelle d'à peine seize ans qu'il avait eu la naïveté de "confier" à son protégé, Condé, qu'il croyait suffisamment docile pour la lui restituer comme maîtresse. Or le candide et sa dulcinée, la belle Charlotte n'avaient rien trouver de mieux, en remerciement des bienfaits maladroitement distribués par Sa Majesté, que de trouver refuge en terroitoire honni, auprès de l'archiduc Albert. Craignant des représailles, le gouverneur des Pays-Bas espagnols faisait surveiller la fuyarde tandis que Condé, dans un geste de grande bravoure, la plantait là et partait à Milan. Comme les assiduités royales avaient une sainte horreur de ne pas être réciproques, les premières victimes du grand dessein d'Henry seraient bientôt, ces deux territoires sous domination des Habsbourg. "Un grand dessein pour des seins!" ironisa intérieurement Maximilien qui redevînt sérieux aussitôt: "ce qui importe est le résultat quelque soit le moyen de l'obtenir. Il part en guerre!"  

"... Sa Majesté allait enfin pouvoir créer cette "République Chrétienne" en laquelle il tient. Elle va apporter à l'Europe entière Cardinal_de_Joyeuse_svg.pngla paix durable qu'elle attend depuis des lustres. Dortmund fût la premère étape. Lui reste à rallier à sa bannière l'ensemble des opposants aux Habsbourg. Dans ce but, il envoya le Cardinal de Joyeuse comme médiateur près de Leonardo Donato, Doge de la Sérénissime qui se débattait dans une querelle théologique avec la Papauté. Paul V, en effet, en 1605, a frappé d'excommunication le Doge et d'interdit la République de Venise. La Sérénissime sortit vainqueure de ce bras-de-fer. Cette intervention française aliénait en partie Venise qui ne serait pas fâchée, non plus, d'infliger un nouveau camouflet à Paul V!..."

"Comment, diantre, une République Chrétienne pouvait-elle se faire sans la Papauté? J'avoue ne pas bien comprendre! Est-ce à dire que l'actuel Pape, Paul V, est un Habsbourg?"

Bizarrement, cette remarque, pourtant dénuée du moindre sens politique, dégela Henry qui éclata de son rire tonitruant et communicatif. Même Louis se joignit à la rigolade.

"Jarnicoton, Monsieur mon fils, vous avez la langue si bien pendue qu'elle en devient plaisante! Vous n'avez pas votre pareil pour jouer les trublions. Le pape? Un Habsbourg? Vraiment... Foutredieu, voilà qui me rebiscoule et qui m'ouvre l'estomac... Amenez moi quelques pâtés!..."

La Force crut bon de venir au sauvetage de Louis.

"Non, votre altesse, le pape n'est pas un Habsbourg mais un Borghèse italien. Seulement, l'Espagnol s'est proclamé depuis fort longtemps Défenseur de la Foi et est donc un allié "de fait" de la Papauté. De plus, Sa Majesté, par son intercession vénitienne a contribué à l'affaiblissement de l'autorité papale sur l'Europe, ce qui la conforte dans sa position de protecteur des princes protestants et la pose en tant qu'adversaire déclaré de l'Espagne."

Louis qui riait encore et s'essuyait les larmes d'un revers de manche, le remercia et imita son père en plongeant, avec délectation, une main gourmande dans une assiette pleine à craquer de mignardises.

Monsieur de Sully désespérait de voir ces deux-là prendre les affaires de l'Etat pour autre chose qu'un jeu même s'il pardonnait à l'un d'être un enfant et à l'autre d'être un ami.

...    

 

13 octobre 2008

Réforme et Contre-Réforme.

"Les catholiques ne restèrent effectivement pas les bras croisés devant l'insolence outrecuidante de ces Princes réformés. L'année dernière, en juillet, Léopold put, enfin, envoyer un corps expéditionnaire et chasser Brandebourg et Neubourg des duchés bas-rhénans qu'ils venaient de conquérir. Par la ruse, et, si vous me permettez d'intervenir, avec beaucoup de chance le Comte d'Althann, commandant des forces impériales, réussit à installer Léopold à Juliers et Clèves. Ce Michel Adolphe d'Altheim, maréchal de camp général de l'Empereur, était, à n'en pas douter, un bon soldat, mais il n'avait pas assez d'hommes pour maintenir sa position très longtemps, aussi Léopold multipliait-il les appels aux puissances catholiques. Il envoie ambassade sur ambassade pour tenter de les rallier à sa cause. De leur côté, Brandebourg et Neubourg mobilisent l'ensemble de leurs alliés protestants."

"Mon père, ne s'agirait-il pas d'une nouvelle Sainte Ligue en gestation? Je croyais que vous l'aviez occise! Cette gangrène n'en finira donc jamais?"

"Vous avez raison, mon fils! Mais aujourd'hui les choses ont changé et les forces en présence ne sont pas tout à fait identiques. Laissez La Force vous les présenter!"

Cette remarque n'avait que l'apparence de la satisfaction. Louis sentit une certaine irritation chez son père. Il se renfrogna et réfléchit à ce qu'il avait bien pu dire qui avait blessé son père.Christian_I_Anhalt_Bernburg.jpg

maximilien de bavière.jpg"Léopold peut compter sur le soutien inconditionnel de l'Espagne, déjà sollicitée par Antoinette de Lorraine, et de la Papauté qui voit d'un mauvais oeil le développement de la Réforme dans le Saint Empire romain germanique dont les frontières sont si proches. Autour de ces deux grandes puissances se forme, comme le disait votre altesse, une nouvelle Sainte Ligue forte des principaux Princes catholiques regroupés autour de leur chef, Maximilien, Duc de Bavière, neveu d'Ernest, l'Electeur de Cologne. En face, Brandebourg et Neubourg prennent appui sur la déjà puissante Union Evangélique du calviniste Christian Ier, Prince d'Anhalt-Bernbourg, ami de longue date de la famille de Brandebourg."

Pour la première fois depuis le début du Conseil, Louis décrocha légèrement. Il se mit à penser à Elbeuf et Hubert: avec eux, au moins, il s'amuserait! Il se demanda où ils pouvaient bien être et ce qu'ils faisaient en ce moment sans se douter que les intéressés ne se trouvaient qu'à quelques mètres de lui, à l'étage au dessus. Eux, tâchaient de rester concentrés afin de ne pas perdre le fil du discours et jetaient de temps à autres des regards anxieux vers la porte par où ils s'attendaient à voir surgir, à tout moment, le messager de Louis.

"Leopold, qui souhaite mettre le plus de chances de son côté, envoie des plénipotentiaires aux Pays-Bas espagnols avec pour objectif de convaincre l'archiduc Albert de reconnaître son autorité sur les duchés bas-rhénans. Sans d'autres alliances, les Princes Réformés avaient conscience qu'ils seraient bientôt balayés. C'est pourquoi ils voulaient que Sa Majesté prenne officiellement leur parti. L'heure était venue, pour Sa Majesté de venger, enfin, l'offensant traité de Cateau-Cambrésis!"

Alors qu'il entendait les bruits d'une cavalcade, Hubert pensa que , dans un avenir proche, il faudrait qu'il demandât à son précepteur de lui parler de ce traité qui lui était inconnu. Après tout il avait à peine neuf ans et tellement de lacunes à combler!

...

10 octobre 2008

Admiration réciproque.

"Je dois vous dire, votre altesse, que le jeune Leopold, celui qu'a choisi l'Empereur, est dévoré d'ambition. Il ne voit dans le réglement de cette affaire qu'une étape vers la dignité impériale. Aussi désire-t-il la résoudre à sa manière, par la force, afin de ne laisser aucune chance aux deux prétendants protestants. Il regroupe, en ce moment-même, des troupes dans les deux évêchés dont il a la charge, à Passau et à Strasbourg."

"C'est donc le guerre qui commence!"

"Ca m'en a tout l'air, votre altesse. Et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps,  au grand bonheur de Sa Majesté, votre père, qui la désire tant pour qu'enfin les prétentions des Habsbourg cessent. Aussi, Sa Majesté a-t-elle envoyé un excellent négociateur près des Princes rebelles, Neubourg et Brandebourg, dans le but de coordonner leur action, seule espoir de victoire face à Leopold et à la puissance de l'Empire. Le Seigneur de Bauldry et de la Chesnaye a réglé cette affaire au delà des espérance de Sa Majesté. Dans une lettre datée du 31 mai de l'année dernière, il informe Henry de la signature, à Dortmund, en Allemagne, par les Princes protestants, d'une sorte de "pacte de non-agression"durant tout ce conflit. Il s'agissait de la première condition de réussite du plan élaboré par Sa Majesté, avec l'aide de monsieur de Sully."

Entendant son nom, pour une fois, dans le long discours de monsieur de La Force, monsieur de Béthune leva la tête de ses papiers et sourit. Henry échangea avec lui un regard complice et fit une moue de satisfaction. Ces deux-là étaient sûrs de leur fait et certains de la victoire. Louis en semblait heureux et souriait béatement à son père qui lui passa, affectueusement, une main dans les cheveux. Le visage de Louis s'éclaira de joie. Il n'aimait pas les charges de l'Etat mais il adorait son père. Cette raison était bien suffisante pour résister à un Conseil aussi complexe. Et puis la France se redressait, ce n'était pas si courant de la voir maître de l'Europe! 

Monsieur de La Force reprit:

Clèves.png"Forts de cette alliance, Neubourg et Brandebourg envahirent les Duchés bas-rhénans. Ils occupèrent même Düsseldorf, capitale historique du duché de Juliers. Il faut dire que recruter des forces mlitaires dans un délai aussi court, est une chose malaisée, Leopold ne put donc réagir à temps. Ce fut alors chose facile pour les Ducs réformés de se faire prêter serment par les Etats."

"Si j'en crois ce qu'on raconte, dans le Saint-Empire romain germanique, le territoire prend "de fait" la religion de son dirigeant. Il est donc fort important pour les catholiques, représentés par Rodolphe et les Habsbourg, de ne pas laisser les Duchés bas-rhénans à la Réforme! N'est-ce pas?"

Ce fut Henry lui-même qui répondit:

"Excellent, monsieur mon fils! Jarnicoton, je défends désormais à quiconque, il jetta un regard insistant en direction de monsieur de Béthune, de raconter que Louis ne s'intéresse qu'à la chasse! C'est magnifique. Bravo! Bravissimo comme dirait ce fantoche de Conchine! Voici bien une remarque qui cloue le bec de bien des Conseillers, mon fils. Splendide!"   

"Tout ceci est exact, mon Prince! Il s'agit d'une réalité depuis la paix d'Augsbourg accordée par Charles Quint en 1555. Elle peut se résumer, comme votre altesse l'a si bien dit, à : cuius regio, eius religio, soit, en français, "tel prince, telle religion"! Bien que je n'en doutais pas, je constate avec grande admiration, à quel point, votre altesse s'intéresse aux choses de la Politique. J'en suis gravement impressionné."

Louis n'était pas peu fier. Il cacha à tous, bien entendu, que c'était monsieur de Sully, pourtant son premier détracteur, qui l'avait informé de cette situation juste avant le Conseil. "Il est vraiment étrange ce Sully!" pensait-il en écoutant les louanges qui affluaient de tous.

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