22 septembre 2008

Conflit d'héritage.

"Sire, afin que vous compreniez bien la situation je vais faire un court retour dans l'histoire. 1356 est l'année de la fondation du Duché de Juliers. A la suite d'une alliance, en 1423, lui est rattaché le Duché de Berg. Nous arrivons ensuite en 1511, date à laquelle Jean III, duc de Clèves et Comte de Ravensberg et de Mark en prend possession. La succession se passe sans problème jusque très récemment. En effet, en 1592, son fils, le duc régnant Wilhelm de Clèves meurt. Son dernier fils, Johann Wilhelm, Jean Guillaume en français, lui succède. Il est mort l'année dernière sans enfant. Il ne reste que ses quatre soeurs. L'héritière officielle, l'aînée des quatre filles , est décédée. Alors, la situation économique et géographique des duchés bas-rhénans étant florissante, les candidats à la succession se bousculent."

La Force fit une pause pour voir si l'auditoire suivait bien le fil de son exposé. Louis semblait bien plus attentionné qu'à l'habitude. Il fit une remarque au narrateur qui fit pouffer son père:

"Poursuivez donc, La Force, ne me faites pas tant languir."

"Que votre majesté me pardonne! ... Laissez-moi vous présenter ceux qui briguent l'autorité à Juliers et Clèves. En premier lieu citons, l'Electeur de Saxe, Christian II et les descendants du duc Ernest qui remontent à l'expectative de 1483 leur accordant le duché de Juliers. Ensuite viennent les quatre soeurs de Johann Wilhelm par l'intermédiaire de leur famille respective. Tout d'abord, le Duc Jean Casimir, comte palatin des Deux-Ponts - Zweibrücken en allemand - et de Kleeburg qui revendique les duchés en tant que fils de Magdelaine, troisième soeur du défunt et de feu Jean de Wittelsbach. Arrive ensuite, Charles d'Autriche, marquis de Burgow, cousin germain de l'Empereur Rodolphe, évêque séculier de Breslau, Prince-évêque de Brixen et surtout époux de Sibyle, quatrième soeur du défunt. Ceux-ci sont les moins probables. Passons, si vous le voulez-bien, aux deux principaux..."

A la grande satisfaction d'Henry, Louis interrompit le discours pour se faire préciser les choses.

"Les autres je ne sais pas mais ce dernier, Charles d'Autriche, je suis certain qu'il s'agit d'un Habsbourg non? Mon père, ne serait-ce pas cette famille qui dirige la moitié de l'Europe dont l'Espagne, fervente catholique et ennemi de la France?" 

Afin de ne pas montrer sa joie, Henry le grand laissa La Force répondre.

"La clairvoyance de votre majesté n'a d'égale que sa connaissance de la politique étrangère: Charles de Habsbourg, est archiduc d'Autriche et bien membre de cette famille onnie par sa majesté votre père, issu de la grande famille des Bourbon et ennemi traditionnel des Habsbourg... Mais parlons des deux candidats à la succession les plus importants, j'ai nommé Johann Sigismund de Hohenzollern et Phillip Ludwig, frère aîné de Jean des Deux Ponts et, par conséquent, l'oncle de Jean Casimir..."

Louis, désireux de briller devant son père chéri, intervînt une nouvelle fois, fort à propos.Johann_Sigismund.jpg

"Le premier, ce Hohenzollern, ne serait-il pas de la Réforme?"

"Si en effet!" lui répondit monsieur de Béthune qui prenait des notes.

...